Wednesday, March 25, 2009

Le silence

Hier soir, les enseignants se réunissaient pour dire leurs adieux à ceux qui quittent pour une autre école. Cinq d'entre eux partiront à de endroits différents de la préfecture (province). Ainsi, nous nous sommes réfugiés dans une auberge d'un village voisin pour y passer la nuit. La soirée fut très bien préparée et très agréable. Le lendemain matin, nous nous sommes levés pour déjeuner. C'était servi avant que nous quittions pour le travail. Nous nous assoyons à la table, et, pendant 5 longues minutes, le silence.

S'il y a des choses aux quelles je ne me suis pas encore habitué, c'est bien de s'asseoir avec un groupe et manger en silence. Pour nous, un repas se partage pour socialiser. Nous avons été éduqués pour raconter nos journées pendant le souper. Nos parents nous enseignaient l'importance de verbaliser nos querelles de la journée, nos sentiments, nos anecdotes, tout en mangeant. Les japonais sont connus pour être réservés et silencieux; c'est souvent le cas. Je ne dis pas que c'est silencieux pour chaque repas, mais souvent, nous mangeons en silence. De plus, je suis moi-même quelqu'un assez silencieux quand vient le temps d'être en groupe... imaginez le choc pour ceux qui sont plus jasants.

Le silence est vu comme moment de réflexion. Le silence est la sagesse. Le silence a plus d'importance que les échanges. Les japonais admirent plutôt les gens qui réussissent à se faire comprendre sans parler. Souvent, lors d'une réunion, il n'est pas rare de voir tout le monde en silence autour de la table... c'est pour réfléchir. Dans notre cas, la plupart du temps, nous essayons de régler nos problèmes en les discutant. Ici, c'est tout le contraire. La cérémonie du thé est un autre bel exemple quand les japonais sont demandés de partager un moment en silence. Lors de la dégustation du thé, les gens doivent plutôt chérir l'ambiance zen de la pièce, se concentrer sur les manis employées, se détendre...

Monday, March 23, 2009

La cérémonie des diplômes



Il y a deux semaines, mes élèves de troisième année au JHS et de 6ième année au primaire ont reçu leur diplôme d'étude à leur cérémonie de graduation. Je n'aurai jamais cru une cérémonie aussi élaborée. Elle était très organisée, très synchronisée, très japonaise. L'horaire était tellement précis, que le discours du directeur était prévu pour 9H32! J'ai mis ma sonnerie pour voir si c'était exact; ils ne se sont pas trompés.

Dans la salle, Il y avait tous les invités possible soient les parents, les frères et soeurs, le maire de la région, quelques conseillers de la ville, les directeurs de la banque et de la Japan Post! Bref, il ne manquait que Fido et Bingo! En début de cérémonie, les diplômés devaient marcher sur le tapis rouge qui les emmenait à leurs chaises respectives. Ensuite, il devait écouter les millions speechs qui précédaient les chansons. C'était un moment très triste. Tout le monde pleurait. Seul l'étranger ne versait pas de larmes... je comprenais pas pourquoi nous devions en verser une! N'est-ce pas un beau moment de vieillir, d'avoir réussi son JHS, de grandir et de passer à une autre étape? Cependant, quand j'ai su que mes élèves étaient ensemble depuis la maternelle, dans la même classe, j'ai vite réaliser à quel point ce doit être difficile de se séparer de ce groupe d'amis.

Parenthèse: à Uguisuzawa, il y 80 élèves à l'école Pré-Secondaire (Sec. 1, 2 et 3). Il y a environ 25-30 élèves par classe. Cependant, ils vivent ensemble, dans le même groupe, depuis la maternelle parce qu'ils sont tous du même village. Ils placent tous les élèves du même âge dans la même classe. Il n'existe pas un école JHS pour la région; il s'agit plutôt d'une école JHS par village. Ainsi, j'ai donc 80 élèves au secondaire. Mon ami de Hayama a 23 élèves dans son école. Ils ne sont pas assez pour former une équipe de base-ball masculine!!! Ce qui est le plus impressionnant c'est qu'il y a tout de même 15-20 employés par établissement, peu importe le nombre d'élèves. Enfin, quand vient le temps de l'école Senior HS, ils doivent se séparer car les meilleurs vont dans une école plus performante, et les autres ailleurs.

Bref, tout ça pour vous dire que les cérémonies de graduation se déroule très bien. C'est une cérémonie à laquelle les gens se doivent de pleurer. Elles ressemblement drôlement aux funérailles. Ce n'est pas une bonne cérémonie s'il n'y pas une personne qui a pleuré... j'ai donc dû verser une larme en saluant mes élèves pendant mon speech à la fin de la cérémonie.

Thursday, March 12, 2009

Les examens...

C’est la fin de l’année scolaire au Japon. Les élèves doivent étudier fort pour réussir leurs examens. Ceux-ci ont une très grande importance pour eux. S’ils échouent, ils ne peuvent aller à une école seconaire performante. S’ils réussissent, les portes s'ouvrent à eux. Évidemment, nous comprenons le système. Cependant, les écoles japonaises y mettent beaucoup d’importance et la pression est vraiment forte. Je la sens, je la vois, et je l’entends!

Écoutez, les élèves sont tellement stressés qu’ils oublient d’enlever leurs souliers en entrant. J’ai dû prévenir un élève! Un étranger dire à un japonais qu’il a oublié d’enlever ses souliers était pire qu’échouer son examen! Les toilettes se vident plus souvent, les crayonières japonaises doivent « aider » l’économie, les élèves n’ont plus le temps de jouer les sports, je suis donc seul à jouer au 21; en fait, tout le système est ébranlé!!! Les élèves doivent étudier! Est-ce qu’ils le font… évidemment. Un enseignant est allé en classe et plutôt d’y rester et donner une leçon, il a distribué une feuille de travail et a quitté. Les élèves devaient venir le voir à son bureau pour poser des questions. Je suis donc allé espionner pour voir s’ils étudiaient en classe… c’était le silence! Tête baissée, les élèves travaillaient toujours! Sans enseignant en classe!

Bref, ils m’épateront toujours, mais d’un autre côté, je trouve cela très décevant pour un élève de vivre une pression semblable. À 15 ans, ils doivent déjà travailler pour leur avenir et leur sort. Dire qu’au Québec, nous cherchons à abolir les examens contemporains et les remplacer par l’évaluation des compétences. C’était très difficile à expliquer en japonais, et même en français.