Friday, April 2, 2010

"The Cove"



J’ai regardé un documentaire hier soir. Sûrement que vous avez déjà regardé, peut-être vous avez entendu parler, ou peut-être est-ce la première fois? Le titre est « The Cove » produit par Louie Psihoyos. Si je ne me trompe pas, le film a même remporté quelques prix aux Academy Awards.

Afin de vous mettre en contexte, il serait préférable de vous résumer le sujet et le documentaire. Derrière la scène touristique des parcs d’amusement de la région de Taiji, ou les thèmes portent sur les mammifères marins comme le dauphin et la baleine, le narrateur dévoile un secret dont une grande majorité des Japonais ne connaissent pas. Le documentaire dénonce la chasse brutale des dauphins du petit village du sud-est de l’île de Honshu, la plus grande parmi toutes les îles nipponnes. Plus de 25 000 dauphins sont abattus par année dans une baie, tout près d’une plage, et vendus pour la viande. Les lieux sont protégés par le gouvernement et les pêcheurs locaux. Il est très difficile de prendre en images les scènes et brutalités. Alors, le documentaire nous amène à travers l’aventure des producteurs qui défient les interdictions de passage dans la baie et les gens qui la « protègent. »



Depuis j’ai vu la scène, je suis complètement déboussolé. Non seulement la scène est traumatisante, mais les effets à long terme de la consommation de la viande de dauphins sont très dangereux pour les gens. Le taux de mercure est très élevé puisqu’ils mangent de poissons prédateurs. Malheureusement, cette viande est vendue comme viande de baleine puisque c’est un mammifère marin et les japonais ne reconnaissent pas toujours la différence entre un dauphin et une baleine. Une petite baleine et un grand dauphin, donc ils sont, selon eux, le même mammifère. Je parle surtout pour les japonais plus âgés, dont les pêcheurs.

Avant de venir au Japon, je m’étais promis de défendre les mammifères parce que je trouve les chasses aux baleines et les dauphins inutiles. Je dois aussi avouer qu’ayant une amie naturaliste de ses animaux chers m’a convaincu de les défendre. La population de certaines baleines chassées est en déclin. Les méthodes de chasse sont très irrespectueuses. Ce sont des animaux d’une grande intelligence et sensibilité. De plus, maintenant que je sais que la digestion de la viande est aussi dangereuse pour mes amis japonais, je suis encore plus favorable à l’arrêt de la chasse des dauphins, et aussi des baleines.
Chez nous, quand nous sommes en désaccord avec quelqu’un ou quelque chose, on ne se gêne pas pour dire à voix haute ce que l’on pense tout bas. Pensons aux nombreux étudiants qui se battent chaque année pour leurs droits d’études à un coût dollarama. Ou les papas qui bloquent les ponts d’une métropole sur les heures de pointe. Nous faisons tout pour faire entendre son mécontentement. Cependant, au Japon, les choses se passent très différemment. On dit souvent qu’au Japon, quand un clou est plus élevé que les autres, on tape dessus jusqu’à temps qu’ils soient à la même hauteur. Ici, on ne cherche pas les conflits, on ne cherche pas à dire son opinion, on ne cherche pas à satisfaire sa personne. On cherche l’harmonie et l’équilibre, alors le non verbal parle beaucoup. Alors, si vous parlez d’un sujet aussi sensible que la chasse des dauphins, c’est la panique.

Malheureusement, après mon sixième mois, j’ai mangé de la viande de baleine. C’est seulement après le repas que j’ai su que c’en était. Elle n’avait pas de goût particulier ni de distinction avec le cheval. C’est alors j’ai eu mon premier échange sur le sujet. Certains disaient « pourquoi pas », d’autres « c’est une tradition » et j’ai même entendu « ils mangent tous nos poissons ». Pour eux, le débat est simple. Ils sont sentimentalement attachés aux traditions.

Ce matin, quand je suis arrivé au Centre Communautaire ou je travaille, j’ai demandé à mes collègues s’ils connaissaient le documentaire. La réponse était « oui, mais je ne l’avais jamais vu. » Comme j’ai acheté le film sur iTunes Store, j’ai demandé s’il voulait le voir. La réponse était non. Quand je parle de cette chasse, je n’attaque pas les gens du village de Taiji, j’attaque la nation. Ils sont tous unis. Les japonais se tiennent ensemble quand ils sont attaqués. Comme j’ai dit plutôt, la force du Japon est définitivement la solidarité, le ténacité de tous ensemble. Alors, jamais j’ai entendu dire un japonais, « ah, oui, nous devrions arrêter de chasser les dauphins et les baleines. » Tant et aussi longtemps que le gouvernement accepte d’arrêter, les japonais continueront de chasser et promouvoir leurs traditions.