Sunday, December 13, 2009

l'individualisme et le collectivisme

L’été dernier, les représentants du Centre Culturel de la région Kurihara ont demandé aux ALTs de la région de préparer un cours d’anglais avec 6 leçons hebdomadaire qui seraient présentées au courant de l’automne. Nous pouvions choisir le sujet que nous désirions, mais avec l’idée d’enseigner quelques points grammaticaux. Certains ont choisi la cuisine, d’autre l’art, et même le tourisme. J’avais choisi de parler de l’individualisme occidental et de la collectivité japonaise. J’ai présenté hier soir, alors comme c’est tout frais, j’ai pensé de partager avec vous…

Tout d’abord, c’est important de bien différencier l’individualisme et le collectivisme. En fait, c’est bien simple; en général, une personne de chez nous pense de SE satisfaire avant les autres, tandis qu’une personne japonaise, va plutôt penser satisfaire les autres avant soi-même. Un pète! … mais, comment l’observons-nous dans la vie de tous les jours…

Quelques éléments de la langue japonaise nous le montre. En fait, ce n’est pas très commun de dire « de rien » ou « bienvenue » après être remercier. Pourquoi? Parce que si tu dis どういたしまして (do itashimashite) tu acceptes les remerciements et cela sous entends que tu as rendu service et que tu DOIS être remercier. Ouch! C’est compliquer, mais il est plutôt préférable de dire « いいえ! » qui veut est traduit en français Non non! Donc, tu dois sous-entendre, " non non, ce n’était rien!."
C’est aussi très impoli de dire non à quelqu'un qui t'offre quelque chose comme une sortie… alors les japonais vont plutôt dire « C’est un petit peu… » ちょっとう(chotto) et ne pas finir la phrase. Si quelqu’un te répond chotto, ça voudra dire que c’est un petit peu inconvénient… ce qui veut plutôt dire non! Pourquoi ne disent-ils pas directement non? Parce que pour eux, c’est honteux ce faire dire non ou être refuser en public. Alors, parce qu’ils ne veulent pas faire vivre une situation semblable aux autres gens, ils préfèrent sous-entendre la réponse non par des phrases comme « C’est un peu difficile… » « C’est préférable si… » « C’est une petit peu inconvenant… » !

Aussi, les « Bar-open » (飲み補題nomihodai) et « buffet à volonté(食べ補題tabehodai )représentent aussi le collectivisme. Nous préférons acheter nos bières individuellement, soit chacun achète ce qu’il désire manger ou boire. Cependant, ici, c’est plutôt les forfaits tout-inclus. Tu payes un certain prix, ensuite les serveurs/serveuses apporteront des repas et des breuvages pendant 2-3 heures. Par exemple, j’organisais un party avec mes amis étrangers de la province et mes amis japonais de ma région. C’était une soirée dans un petit bar local, nous faisions une soirée « open mic Christmas Carol. » Mes amis japonais préféraient que tout le monde paie 5000 yen pour une soirée incluant bouffe et boissons. C’était pour eux une façon que tout le monde soit sur la même longueur d’onde, dans le même bateau, dans le même trip. Cependant, les étrangers préféraient plutôt que chacun de nous dépense ce dont il désirait!

Un des exemples les plus frappant c’est l’étude des kanji. (les kanji sont les idéogrammes chinoises utilisés dans la langue japonaise… ils les étudient dès la maternelle et continuer toute leur vie…) En réalité, mes élèves japonais de première année apprennent 家族 (kazoku – famille) en deuxième année… mais le kanji 私 (watashi – je, moi) seulement en cinquième année. N’est-ce pas intéressant de savoir que le kanji pour famille est appris avant je-moi malgré sa complexité!!! De plus, quand les japonais se présente, ils commencent par leur nom de famille, contrairement à nous, qui commençons par le prénom et souvent nous omettons même le nom de famille. Je m’appelle Simon, mais appelle moi Bil. Autre fait marquant est lors des introductions. Une personne japonaise va plutôt se présenter comme membre d’un groupe soit une compagnie, d’une équipe de soccer, d’un club d’artiste, tandis que nous dirons plutôt ce que nous aimons faire, ou manger, ou des caractéristiques individuelles comme notre âge, le nombre d’enfants que nous avons et nos sports préférés.

J’ai une amie qui me demandait si le Japon avait des tendances communistes… en oubliant l’économie capitaliste, c’est difficile de dire non pour différentes raisons comme leur philosophie collective!

Un petit vidéo à voir....

http://www.youtube.com/watch?v=g_RM8To5mjU&feature=related

1 comment:

Paul Turcotte said...

Vraiment très intéressant comme réflexion! Je me demandais toutefois s'il est possible de véritablement comprendre le point de vue de l'autre culture... Il me semble que je peux comprendre comment c'est de faire passer la collectivité avant moi: faire partie d'une équipe, d'un groupe de travail, aller au Japon te visiter. Mais est-ce que les Japonais peuvent imaginer ce que c'est que de se faire passer avant les autres?
Ça me fait aussi penser qu'il y a peut-être une composante démographique/géographique à cette conception de soi p/r au groupe. Si je compare les heures de pointe dans les métros de Tokyo et de Montréal, celle de Montréal est infiniment plus désagréable, même s'il y a beaucoup moins de monde: il y a les gens qui veulent entrer avant que les gens sortent, les ados qui hurlent et qui se chamaillent, l'absence de "one way" dans les corridors, etc. Dans un pays aussi densément peuplé que le Japon, sans cette culture de considération de l'autre, ce serait l'enfer... ou peut-être simplement l'anarchie? Cette dernière option me semble être celle "choisie" dans d'autres pays d'Asie comme l'Inde ou le Viet-Nam, où il y a autant de personnes au pied carré, mais sans ordre, sans consigne précise. Or, sans y être jamais allé, donc d'après les témoignages des mes amis, cette façon de procéder semble avoir ses avantages. Ce qu'on perd en efficacité, on gagne en créativité...

Pour ce qui est de la langue, j vois que tu as commencé à sérieusement faire tes devoirs ;p
On associe souvent l'esprit d'un peuple à sa langue. Par exemple, les deux peuples qui ont probablement le plus contribué à la philosophie occidentale sont les Grecs et les Allemands. Or, ces deux langues sont celles qui permettent le mieux la pensée abstraite et la création de nouveaux concepts.

Très belle réflexion, bref, qui me fait aussi réfléchir. Est-ce que tu as reçu une bonne réaction de la part de ton auditoire?